Les dessous de l’effondrement du Rana Plaza en 2013

Le 24 avril 2013, dans la banlieue de Dhaka, au Bangladesh, Rana Plaza, un immeuble de 8 étages abritant 6 usines de textile s’est effondré, causant la mort de 1 138 travailleurs et blessant plus de 2 000 personnes. Cette tragédie est le plus grand accident industriel de notre époque. De nombreux survivants sont restés coincés sous des tonnes de gravats et de machines pendant des heures, voire des jours, avant d’être secourus, cela entraînant parfois l’amputation d’un de leurs membres. 

 

 

Le Bangladesh est un pays de 125 millions d’habitants dont l’économie repose fortement sur l’industrie du textile. Ce secteur emploie près de 4 millions de personnes, dont 90% de femmes, qui ne perçoivent que 95 dollars par mois pour fabriquer les vêtements de marques de mode internationales.

 

Externalisation globale: (le problème principal)

 

L’objectif capitaliste des marques occidentales est de vendre des vêtements à bas prix pour obtenir des marges toujours plus élevées. Pour ce faire, ils ont recours à la sous-traitance, ce qui permet à l’organisation d’être plus autonome au niveau de la chaîne d’approvisionnement impliquée dans la production des vêtements. 

 

batiment etant detruits a la suite de l'effondrement du rana plaza archive les dessous de l'effondrement du rana plaza sanna conscious concept

 

Voici ce qui se passe : la marque internationale A dispose d’un conseil d’administration dont les préoccupations principales sont les rapports trimestriels et l’obtention de revenus toujours plus conséquents. Dans le bilan comptable, il y a l’actif et le passif. 

Si la marque internationale A possédait sa propre usine, avec des salaires et des charges à assumer elle-même, elle serait considérée comme un passif dans le bilan, ce qui réduirait considérablement le montant des revenus générés.

Par conséquent, elle décide d’éliminer la production de l’équation et d’externaliser le travail. Aujourd’hui, la main-d’œuvre la moins chère se trouve dans les pays en développement, qui dépendent des revenus engendrés par l’industrie.

Néanmoins, les gouvernements de ces pays en développement n’établissent pas de normes en matière de conditions de travail, car elles pourraient inciter la marque internationale A à délocaliser ses activités dans un autre pays. 

 

femme pleurant suite a l'effondrement du rana plaza archive les dessous de l'effondrement du rana plaza sanna conscious concept

 

La marque internationale A sous-traite désormais la fabrication de 200 000 t-shirts blancs à l’usine A au Bangladesh. L’usine A accepte le travail, sachant qu’elle ne sera pas en mesure de le terminer elle-même. Pour autant, la marque internationale A ne posera aucune question tant que sa commande finale ne sera pas terminée. L’usine A sous-traite donc 100 000 t-shirts à l’usine B, qui accepte le travail, sachant qu’elle ne pourra pas le terminer non plus.

L’usine B sous-traite ensuite 50 000 t-shirts à l’usine C, et ainsi de suite. C’est ainsi qu’une commande de chez H&M, ou de toute autre marque internationale, peut être réalisée par plus de 10 usines. Par conséquent, il n’y a absolument aucun moyen pour la marque internationale d’avoir une transparence totale sur la façon dont sa commande a été réalisée.

L’effondrement de l’usine de Rana Plaza fut le summum de la terreur causée par cette chaîne d’externalisation mondiale sans transparence, et a entraîné la mort de milliers de personnes pour finalement attirer l’attention d’un public international.

Aucune marque ne pouvait assumer la responsabilité de produire au Rana Plaza, car les marques elle-même ne le savaient pas. Pourtant, des étiquettes de vêtements de Benetton, Mango, H&M, KiK, Primark, M&S, C&A, Walmart, Gap et bien d’autres ont été retrouvées dans les décombres.

 

femmes tenant une pancarte i dont want to die for fashion pendant une manifestation archive les dessous de l'effondrement du rana plaza sanna conscious concept

 

À l’heure où la mode durable est tendance et où les consommateurs se préoccupent de plus en plus des matériaux qu’ils portent et de leur empreinte écologique, cet événement tragique nous rappelle qu’il est vital de se tourner vers une industrie de la mode où l’éthique est la première étape.

Une industrie de la mode qui respecte les droits de l’homme et où chaque employé bénéficie de conditions de travail décentes et sûres doit être le minimum. Comment pouvons-nous avoir une mode durable si les femmes et les hommes qui la créent ne sont pas protégés dans le processus ? 

L’idée de créer SANNA Conscious Concept est née après avoir appris l’effondrement de l’usine Rana Plaza en 2017, je savais que je ne voulais pas participer à une chaîne d’approvisionnement qui maltraitait les personnes et la planète, et je savais qu’il y avait d’autres personnes comme moi.

Cette plateforme a pour but de partager les récits de marques authentiquement éthiques partout à travers le monde, afin que nous puissions choisir de soutenir des modèles commerciaux vraiment durables avec notre pouvoir d’achat, ce qui, espérons-le, mettra fin à l’industrie de la mode capitaliste.

 

Sources:
https://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/26/rana-plaza-la-mort-de-l-industrie_3417734_3234.html
https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/vetements/sante-et-securite-au-travail/securite-des-batiments/rana-plaza
https://www.cairn.info/les-risques-du-travail–9782707178404-page-44.htm
http://www.responsabilitas.com/blog/rana-plaza-law-in-france/
https://www.picture-organic-clothing.com/en/who-made-your-clothes/
https://www.pinterest.com/pin/777363585669551321/?autologin=true
https://www.dw.com/en/murder-charges-for-2013-bangladesh-rana-plaza-building-collapse/a-18489309
https://modestmaterialist.files.wordpress.com/
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